Running-scrawls

Running-crabouillage (running scrawl). Concept élaboré par Michel Lascault en février 2015, alliant art et sport. Il consiste à courir un temps donné (jogging) dans son parc préféré et à dessiner ou peindre sur une palette tenue à la main (crabouiller). Un tutoriel de running-crabouillage est mis en ligne sur Youtube le 17 juin 2015 : il présente une amoureuse relation au dessin et à la peinture. Expérience d’abord existentielle : être au monde tout en restant source d’image, en jouant avec l’absence de contrôle (crabouillage). Lié à une pratique quotidienne, le RC est rapport à la nature, à la peinture. Il est également une pratique relationnelle avec les promeneurs, les sportifs, les enfants, les passants, les gardiens et les jardiniers. Le peintre du dix-neuvième rencontrait dans sa promenade vers le motif les villageois, les paysans. Le peintre du vingt-et-unième siècle urbain déambule et court, mobile. La nature n’est plus son objet, il est immergé dedans: il y nage à contre-courant, comme l’homme dans la ville.

A ce jour (29 février 2016), après un an, 218 oeuvres de format A3 ont été réalisées, en plus des plus petits formats du début. Elles sont numérotées de U1 à U218. Leur minimalisme (« l’hors du tant » [Vincent Baby]) et leur polysémie ouverte (« I feel wellcome in it » [Guy von Sturmer]), sont aussi vecteur d’ambiguïtés, d’apparitions, d’émotions (« un gribouillage bouleversant » [Christophe Huysman], « un coeur blessé » [Stéphanie Smalbeen]).

Relationnel dans son mode de création en plein air et dans l’espace public, le running-crabouillage est aussi à l’origine de pratiques collaboratives et de dérivés qui sont parfois des dépassements.

Certaines œuvres ont été choisies par le compositeur de musique contemporaine Dominique Delahoche-Lefebvre pour les couvertures de ses partitions aux éditions Delatour.

En juin 2015, la démarche a intéressé Nancy Sulmont et ses éditions du Petit Jaunais. Elle a crée une chasuble pour faciliter le dessin mobile et inventé une sorte de dessin ventral qui permet de limiter la surveillance visuelle du dessin. Au cours d’un walking-crabouillage dans les zoos de Paris, Nancy Sulmont et Michel Lascault ont réalisé des lithographies, base d’un livre, Brûler le pavé, avec un texte oulipien de Gilbert Lascault. Un documentaire sur l’écriture de ce texte, Un flamant rose en été, a aussi été réalisé, qui témoigne d’une procédure d’écriture surréaliste, systématique et aléatoire.

Le 20 septembre, une promenade dessinatoire a été organisée, qui a réuni une trentaine de personnes pour du dessin mobile dans le parc de Montsouris.

Les gribouillages du début ont laissé place à des monochromes, puis à des relations colorées formes-fond, et aujourd’hui à des improvisation picturales, à dominance abstraite ou méditative. Mais l’aventure continue.

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